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Mis à jour 4 septembre 2010
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Presse / divers: Article meditation france
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 Tai chi « Le Soi en
Mouvement® »
Par Patrick Ongaro
L’art du mouvement dans les
pratiques énergétiques Chinoises s’est énormément développé lors des 10
dernières années. Le Tai Chi est devenu une mode comme le Zen et les approches
de bien-être. Mon approche personnelle du Tai chi que je nomme « Le Soi en
Mouvement®
»
s’est concrétisé au travers de bases solides dans différentes écoles tant en
France qu’à l’étranger. J’ai commencé il y a 28 ans par une pratique du Tai Chi
traditionnelle à orientation martiale et parallèlement une formation en Qi
Gong. Toutefois, très vite j’ai ressenti une ouverture vers une dimension
intrinsèque à ces approches énergétiques qui est la dimension spirituelle,
l’art de la méditation en mouvement. L’ouverture que je percevais en moi fut
une intuition qui me guida vers d’autres écoles orientées sur l’écoute de
l’énergie, la philosophie taoïste, grande source de sagesse, la calligraphie et
même le mouvement Tai Chi en tant que véritable danse libre de l’énergie qui
mène à la joie et à l’amour tant que l’on en fait pas une voie figée par une
pratique non soumise à la remise en question.
« Un
chemin qu’on ne corrige jamais mène à la perdition, un chemin qu’on modifie
sans cesse épuise la vigueur et le silence » Lao Tseu
Quelle
sagesse dans cette stance ! Il est du devoir du pratiquant de corriger ce
qui doit l’être à la lumière de son expérience dans l’instant. Rien n’est
jamais identique et ne se répète de la même manière. L’individu qui ne se
souvient pas de cela cherche à contrôler afin de se sécuriser. La vie n’est pas
là pour nous sécuriser, mais nous apprendre à chevaucher l’instant présent sans
crainte et dans la joie de la découverte. Voilà une des leçons de vie que
distillent ces approches si vous avez la chance de connaître un enseignant qui
saura vous guider sans vous museler, qui arrosera chaque jour ce que vous êtes
sans imposer de limites.
J’ai
plusieurs fois entendu d’anciens pratiquants de Tai chi dirent qu’ils ont
arrêté la pratique car ils se sentaient
enfermés dans une forme trop rigide et c’est malheureusement le cas trop
souvent.
Une
pratique énergétique vraie ne peut se concevoir sans joie ! La joie est
pour moi le carburant essentiel de toute démarche intérieure, spirituelle. Les
temps où il fallait souffrir pour mériter son paradis sont révolus. Les efforts
à fournir sont d’un autre ordre aujourd’hui. Ils consistent à nourrir
l’ouverture à notre être, se souvenir de qui nous sommes : des êtres
spirituels venus vivrent une expérience humaine terrestre et non des êtres
humains venus développer une spiritualité à partir d’interdits et de rituels
poussiéreux. Arrêtons de donner notre pouvoir aux autres, aux autorités
extérieures. Si nous ne prenons pas en main notre pouvoir, d’autres
s’empresseront de le prendre pour nous. Il est de notre devoir de nous assumer
pleinement. Pour cela nous devons connaître nos peurs afin de les dépasser mais
aussi et surtout nous recentrer sur ce que nous sommes.
Développement
spirituel par le corps
Au
fil des années le ressenti dans le corps est devenu pour moi le témoin,
l’élément support qui me ramène toujours dans l’instant, dans la présence de ce
que je suis. La présence au corps
énergétique me semble primordiale, voire incontournable pour être dans le
ressenti de ce que je suis. Le ressenti intérieur est ce qui nous place, le
plus justement à mon sens, dans notre vérité. Pour cela il est nécessaire de
retrouver notre capacité à ressentir sans le filtre des pensées, des peurs etc…
Tout cela s’apprend si nous voulons bien en faire le choix et en nourrir
l’intention quotidiennement.
Dans
les différentes approches que je propose, il y a trois points fondamentaux. Le
premier est bien-sûr un état de présence attentif au corps. Le deuxième est le
ressenti du Hara (centre de gravité)
lieu de notre incarnation, point d’émergence de l’énergie où le
mouvement prend sa source. La troisième c’est nourrir la joie. Elle est le
ferment de notre vie spirituelle. Peu d’approches ont cette recherche là !
Il fut même un temps ou la joie était suspecte, synonyme de désinvolture. Ainsi
on éloignait l’individu de toute élévation afin de mieux le manipuler.
Cependant,
la joie EST la source d’élévation qui rend nos cellules vivantes et renforce
notre système immunitaire.
Quand
ces trois fondements sont présents la vie est un moment délicieux que l’on
désire partager avec tous ! Alors l’esprit du Tao est là, il nous prend par la
main et nous « sommes dansé » car la personne s’est mise au service
de ce qui l’habite, lâchant tout contrôle. Qu’elle merveille quand l’adulte en
nous se souvient qu’il est un enfant ! Qu’il peut se laisser guider de
l’intérieur par sa propre âme !
Voilà
ce que mon parcours m’a appris. Chaque jour est un autre jour, un
émerveillement à partager.
La
création nous a fourni un corps.
Mon
expérience m’a démontré au travers de centaines de stages donnés dans divers
domaines (Tai Chi, Rencontre Intérieure, Méditation) que toute approche :
psychologique, spirituelle, créative, se doivent d’être nourris par des rappels
à soi, des liens de conscience en créant des ponts : points de passage
pour sortir de la dualité et entrer dans l’unité.
Le Soi en Mouvement ®,
explore dans ce sens, toujours en recherche donc en évolution vers plus d’unité
corps-esprit.
Ceux
qui parmi mes étudiants consultent parallèlement un thérapeute ou ont une
approche spirituelle autre, témoignent combien ce travail sur le corps leur
permet une intégration très rapide et concrète. Je crois que ce nouveau
millénaire nous conduit vers nous même – que nous ayons une démarche
particulière ou pas – et notre corps deviendra le temple resplendissant la
lumière du divin qui l’habite. En tout cas, là est ma démarche que j’ai la joie
de vivre depuis plus de 20 ans et de partager avec ceux qui vont à la rencontre
d’eux-mêmes.
Article paru en octobre 2009 sur le site Meditationfrance.com
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Presse / divers: L'intégration du moi limité dans le soi illimité
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 L’intégration du moi limité dans le
soi illimité
Nous sommes à la fois
manifestation physique et Essence universelle ; or nous avons oublié notre
source.
A mesure de l’éloignement de
son identité divine, l’humanité s’est
installée dans le doute, la perte de confiance. Le voile s’est
graduellement épaissi, et de moins en moins guidée par la sagesse de l’être
profond, l’ego trompeur s’est construit avec ses certitudes et son système de
croyances.
L’ego manipule parfois à
notre insu les outils spirituels, énergétiques ou corporels que nous sommes
amenés à utiliser. Cela a pour conséquence de générer beaucoup d’illusions et
la conviction de l’inutilité de reconnaître nos peurs, la blessure qui nous
habite, d’en comprendre le sens…
Il est vrai qu’il peut être
tentant de se tourner vers une recherche spirituelle en évitant soigneusement
la confrontation avec nos ombres. Lesquelles finissent pourtant par nous
rattraper à un moment ou à un autre de notre vie !
Les enseignements d’éveil
font de l’instant présent la clé d’accès à l’ouverture de conscience. Il
semblerait qu’il y ait parfois une distorsion de compréhension de cette
réalité. En effet, ne pas s’identifier à nos pensées, nos émotions et vivre le
moment présent ne signifie pas nier, rejeter ou fuir ces aspects de nous.
Guérir les divisions
intérieures impliquent d’intégrer l’expérience humaine dans la conscience de
notre dimension lumineuse et d’unir les forces de l’horizontalité à celles de
la verticalité. Cela implique notre responsabilité envers nous même et envers
la vie d’une manière toute différente.
Ainsi toutes nos blessures
constituent le compost de ce qui devient notre force de vie.
Notre peur la plus intense
est très souvent associée à ce que nous avons d’essentiel à réaliser dans notre
incarnation présente. A chaque fois que nous appréhendons un événement de la
vie, une rencontre de manière difficile, il est en fait question d’une étape
initiatique qui s’offre à nous, soit une opportunité de libération, de
dissolution de quelque chose qui restreint notre élan de vie.
Il est par conséquent de la
plus grande importance de vivre nos expériences en toute conscience…
Et pour cela nous devons
réinvestir ce « territoire
sacré », à savoir le présent de notre être dans ce corps.
C’est de ce lieu, le corps,
la conscience, la sensation dans l’instant présent que nous pouvons accueillir
une réaction, une émotion, un sentiment douloureux, prendre conscience d’une
programmation qui nous limite.
Une réaction, c’est la
manifestation d’une mémoire émotionnelle, donc d’une blessure…
Naître à soi-même, car c’est
bien de cela dont il est question, c’est s’accompagner dans un processus de
reconnaissance de soi à tous les niveaux de l’être, incluant la sphère
psychologique.
Nous sommes créateurs de nos
états intérieurs et non pas victimes. Il importe d’observer ce que nous
avons mis en place pour masquer ce
désarroi d’être éloigné de notre nature essentielle.
La quête intérieure prend
tout son sens quand elle inclut la question de la souffrance. Les pensées compulsives,
les sentiments de mal-être, les sensations d’anxiété qui nous habitent, mais
aussi les pulsions réactives (colères, émotions) ont leur source dans les peurs
et les blessures que nous n’avons pas encore réussis à rencontrer, à
accueillir, à embrasser.
A partir d’une expérience
douloureuse, il y a tout un programme qui se met en place de sabotage,
d’abnégation, de sous-évaluation, de non-amour de soi…
Même si notre ego tente de
nous persuader que nous sommes le plus intelligent, le plus beau, le plus
performant. Et surtout s’il tente de nous en persuader, c’est pour cacher
quelle détresse ?
Quelles sont ces circonstances de vie où nous refusons
de lâcher prise ?
Ž activation d’une blessure Ž refus de
mouvement Ž rétraction de l’énergie.
La conscience de soi nourrit
la confiance en soi. Il nous appartient de démystifier la souffrance pour
libérer, accueillir et faire grandir cette confiance, la sentir encore plus
palpable en soi.
Le non-amour de soi, le
manque de valeur et d’estime font que nous nous sentons de plus en plus
abandonné par la vie. De ce fait nous cherchons davantage de sécurité, de
reconnaissance, de pouvoir. Ce qui conduit inévitablement à se blesser encore
davantage.
Notre humanité a banalisé
l’état de victime et le «consensus social » en joue à notre dépend en
actionnant tous les leviers de la peur.
Aussi longtemps que nous nous
positionnons comme victime de l’autre, de la vie, nous ne pouvons bénéficier du
potentiel d’énergie et de conscience à notre disposition.
A partir du moment où nous
avons créé le petit moi et toutes ces identifications, nous ne vivons plus à
partir de notre conscience profonde. Nous fonctionnons à partir d’une
conscience de surface qui est une adaptation à notre conditionnement, à notre
éducation et toutes les peurs, les appréhensions, les jugements que ceux-ci
véhiculent. Ce sont alors nos pensées qui nous disent qui nous sommes, qui nous
croyons devoir devenir. Elles élaborent des scénarios sur les autres, sur le
monde, souvent fort différents de la réalité.
L’être s’est confondu avec le
personnage, occultant sa véritable essence… !
Le chemin d’éveil passe, de
façon incontournable, par la découverte permanente de ce qui empêche d’Être.
La somme des attachements,
des attentes, des désirs, des besoins amoindrissent considérablement le
sentiment d’Être et de vivre à partir d’une conscience profonde.
Un certain nombre d’individus
peuvent néanmoins sembler manifester une grande confiance en eux à laquelle
s’ajoute force de conviction et charisme mais dont les fondements se trouvent
encore dans un système de croyances.
Si, de la perspective de
l’Être, la peur ne fait que servir l’illusion, sur le plan de la manifestation
physique elle n’en constitue pas moins une réelle entrave, générant beaucoup de
souffrance.
Mes peurs, mes pensées, ne
sont certes pas qui Je Suis ; elles sont pourtant mes créations et il
m’appartient de les réintégrer, de les transmuter à la lumière de cet espace de
conscience plus vaste et inclusif.
Nous ne pouvons retrancher
une partie de ce qui nous constitue. La lumière doit faire corps avec la
densité.
S’éveiller à qui nous sommes,
c’est l’expérience d’une profonde réunification en soi.
C’est à partir d’une
conscience ancrée dans le moment présent que nous apprenons à apprivoiser ce
qui nous fait peur.
Il n’existe pas de technique
ou de méthode miraculeuse. La seule pratique à laquelle se conformer est celle
qui nous éveille à une aptitude à revenir au présent, encore et encore… !
C’est une sorte de
gymnastique spirituelle qui demande entraînement et persévérance, le mental
humain étant très mal adapté au moment présent.
C’est faire le choix de
cultiver cet art d’exercer sa conscience dans l’ici et maintenant afin d’intégrer
sur un plan supérieur les pensées, les émotions et les sensations qui
véhiculent les peurs, les attentes, et les frustrations.
En d’autres mots :
l’intégration du moi limité dans le soi illimité.
Excepté, en situation de
danger immédiat, la peur – petite ou grande -
n’a ni fondement, ni réalité objective dans l’instant présent. Il s’agit
le plus souvent d’une projection dans le futur en référence à un
conditionnement passé tout en « zappant » le présent.
Or, si une difficulté surgit
dans le moment présent, il y a de grandes probabilités d’y trouver une
résolution. Il n’y a cependant aucun pouvoir d’intervention au regard d’un
événement passé si ce n’est que rajouter de la culpabilité ou renforcer le
sentiment d’être victime. Et c’est la même chose quant aux peurs que nous
projetons dans le futur. Elles procurent un sentiment d’impuissance et pompent
nos ressources énergétiques.
Lorsque nous luttons contre
une peur ou tentons de la nier, elle prend tout l’espace, générant de plus en
plus de stress, d’anxiété, d’angoisse. Si nous l’observons à partir d’un espace
plus profond et de la sensation du corps dans l’instant présent, son intensité,
son impact s’amenuise. La charge émotionnelle qu’elle contient se dissout peu à
peu libérant une grande quantité d’énergie jusque là prise au piège de cet état
de fixation. La peur peut pourtant se représenter une fois, dix fois... Ce sera
alors autant d’opportunités de l’apprivoiser et d’affiner cette aptitude à être
de mieux en mieux lesté dans le moment présent, dans le Soi.
En terme métaphorique, la
gymnastique spirituelle évoquée plus haut, va permettre de
« muscler » la conscience-témoin afin que celle-ci prenne de
plus en plus de place.
Il est question d’une acuité
sensorielle qui donne à voir, à sentir avec clarté les dynamiques dans
lesquelles nous sommes à tous moments et les voir à partir d’une certaine
distance ; avec empathie et bienveillance.
La « Présence »
convoque « l’ouverture » ; une ouverture totale envers toute
expérience que nous rencontrons !
Puissions-nous cultiver une
joyeuse vigilance au quotidien et faire le choix résolu de se resituer dans un
ordre intérieur, dans une intégrité à tous niveaux, dans la clarté et le
discernement… En sachant refuser la compromission, la manipulation et toute
forme d’illusion, même si celle-ci est porteuse de belles promesses, comme la
sécurité, par exemple.
Nous sommes créateurs de
notre propre vie mais notre engagement envers nous-même ainsi que notre
persévérance à oser nous hisser au-delà des conditionnements et des habitudes
mentales sont souvent bien défaillants.
En chacun sommeille un être
libre de tout jugement, de toute pulsion réactive et doté d’une grande capacité
à ressentir, à s’émerveiller, à aimer, à compatir !.. Un être capable de
se tenir là, dans le moment présent, et d’embrasser tout ce qu’il contient :
une peur, une émotion ; sans tentative de fuite, de déni. Sans
complaisance et sans compromis non plus.
L’époque nous engage à
inviter une conscience plus profonde à façonner notre humanité. Sylvia Garance "article paru dans la revue le 3e millenaire"
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Presse / divers: Embrasser l'ombre et la lumi
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 Embrasser l’ombre et la lumière
par Sylvia Garance
Comment se fait-il qu’il nous soit si difficile de maintenir le cap d’une transformation radicale de nos attitudes, comportements et schémas de pensées… ?
Comment se fait-il que si souvent, alors que nous accédons à une prise de conscience quant aux raisons de nos mal-êtres, nous retournons aussi vite à nos anciennes habitudes et modes de pensées ?
On identifie nos comportements inadéquats, nos schémas de pensées dissonants. Et dès le lendemain nous retombons dans les mêmes rails de fonctionnement.
Même la prise de conscience de notre dimension spirituelle ne nous stimule pas suffisamment pour nous donner l’impulsion de désamorcer nos conditionnements mentaux, nos réactions émotionnelles.
Quelle est cette force d’inertie qui habite l’être humain ?
Jusqu’où cette complaisance vis-à-vis de soi-même peut-elle nous maintenir éloignés de cette opportunité d’évolution, d’éveil de conscience qui s’offre à nous ?
Quels sont les mécanismes à déjouer pour marcher résolument à la rencontre de nous-mêmes sans faire demi-tour ?
Les religions ont fait de nous des « croyants » et non pas des « connaissants ». Elles ont placé Dieu à l’extérieur de nous. Ce faisant elles ont intensifié la dualité. S’unifier consiste à intégrer les paradoxes, les opposés, l’ombre et la lumière, l’humain et le divin, la dimension spirituelle et toute la réalité psychologique. On ne peut pas retrancher une partie de ce qui nous constitue. On court après ce que l’on nomme l’éveil, mais le véritable éveil, c’est être profondément réunifié. C’est l’expérience d’une profonde réunification. Il y a nécessité d’entrer dans une phase de plus grande lucidité,
d’embrasser notre nature lumineuse mais aussi notre part d’ombre. Chemin faisant, nous nous sommes englués dans une sorte d’état hypnotique. La connaissance que l’on distille de chacune de nos expériences de vie – la connaissance, non pas l’interprétation – mais aussi l’éveil de notre univers sensoriel, l’écoute de nos intuitions profondes, nos élans créateurs, le développement en soi des qualités d’être essentielles… Tout cela doit faire l’objet de notre attention en toute priorité. Mais on n’est peu enclin à fonctionner de cette façon là. On s’est laissé conditionner dans un rail de fonctionnement qui consiste à reproduire ce qui a été pensé ou imposé par quelques-uns. Pour sortir de cet engrenage et nous rétablir dans la confiance, les deux qualités que sont la volonté et la persévérance sont indispensables. Deux qualités si souvent vacillantes qu’il nous appartient de les cultiver chaque jour, d’en raviver la flamme, avec humilité et patience. Sur notre chemin de réalisation interne, ces qualités vont à la fois initier et nourrir l’engagement que nous prenons avec nous-même.
Au regard de celui-ci, il importe de nous resituer dans un ordre intérieur, dans une intégrité en même temps que dans la clarté et le discernement… En sachant refuser la compromission, la manipulation et toute forme d’illusion, même si celle-ci est porteuse de belle promesse, comme la sécurité matérielle, la reconnaissance…
Dans quoi est-ce que j’engage mon énergie ?
Nous sommes créateurs de notre propre vie mais notre engagement envers nous-mêmes ainsi que notre persévérance à oser nous hisser au-delà des conditionnements et des habitudes mentales sont souvent bien défaillants. Chacun doit réinventer sa vie et cesser de la subir. On a été conditionné pour vivre par procuration, à être victime.
L’époque nous engage à naître de nouveau. Le monde est en train de se consumer mais c’est pour mieux renaître de ses cendres… En tout cas pour tous ceux qui ont le désir de cette renaissance, qui la nourrisse, qui en attise la flamme tous les jours dans leur cœur. Les blessures d’hier constituent le compost sur lequel construire les forces d’aujourd’hui. Nous devons nous réapproprier notre pouvoir de réveiller notre conscience profonde.
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Presse / divers: vu dans la revue ''Les 3 Mondes''
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Après 20 ans de pratique du Tai ji, Patrick redécouvre chaque jour « la voie essentielle » (Tao). À travers le mouvement de la vie, il témoigne de sa quête d’authenticité et de liberté.
C’est au retour d’un voyage de plusieurs mois en Inde, en 1980, que je découvris en filigrane dans les mouvements du Tai ji les immenses possibilités de cet art. J’étais loin d’en imaginer la portée réelle mais il était sûrement promesse d’un mystère qui me fascinait et emporta mon adhésion immédiate. La rencontre spirituelle que je pensais être à des milliers de kilomètres de là (Inde) ne s’est concrétisée qu’à mon retour. Et c’est dans cette discipline que j’ai pu enfin me rencontrer.
Avant tout et malgré 22 ans de pratique, le Tao (la voie essentielle), philosophie qui sous-tend le Tai ji, reste encore secret pour moi et c’est sûrement très bien comme ça ! Je reste un enfant émerveillé apprenant sans cesse, redécouvrant le mouvement perpétuel de la vie. Oublier ses connaissances, lâcher sa sécurité, ses croyances auxquelles on s’accroche pour se prouver que l’on existe, vider sa tasse (son esprit) chaque matin pour éviter d’accumuler afin de s’ouvrir au nouveau et à l’inconnu, voilà ce que ma pratique m’invite à faire quotidiennement. Oublier, lâcher, vider, cela ne semble pas très valorisant et enrichissant, me direz-vous ! En effet, passé un certain cap, (le besoin de reconnaissance) le plus, le meilleur et toutes ces valeurs de l’Occident s’effritent pour laisser place à l’ouverture du cœur, la rencontre avec l’autre, avec soi. Le Tai ji, comme tout art vivant, ne se laisse pas enfermer dans un moule. Je me suis offert la chance de pratiquer dans différentes écoles et je suis resté ouvert à tous ses aspects : art martial, méditation en mouvement, écoute et présence au groupe, à l’énergie. Ma synthèse aujourd’hui, que j’ai nommée « Le Soi en Mouvement », dans laquelle j’ai introduit d’autres approches psycho-corporelles, art de la calligraphie, joie dans le mouvement et connaissance de soi, me nourrit et m’enrichit tous les jours.
Le doigt qui montre la lune...
Ce n’est pas l’apprentissage et l’exécution d’une forme extrêmement codifiée qui vont conduire une personne à une authentique et profonde transformation intérieure. Ce qui a transformé ma vie aujourd’hui n’est pas le Tai ji en tant que « mouvements », mais bien plus l’esprit qui le porte et lui donne vie. La rigueur et la discipline sont dans l’écoute, la présence à soi, dans un mouvement qui se déroule sans fin, dans toutes les directions en même temps.
Attention aux pièges de l’illusion ! Évitons de nous égarer dans un enseignement qui, sous prétexte de précision et de tradition, de « c’est comme ça que pratique le maître » nous entraîne à répéter une forme qui restera « extérieure » aussi précise soit-elle. Le sentiment d’enracinement et de sécurité éprouvé peut se révéler n’être qu’une protection illusoire – une armure – qui nous enferme et nous limite.
La vie est mouvement. L’équilibre se trouve en acceptant de voir et d’entrer au cœur de nos déséquilibres, en les vivant joyeusement. Comme un enfant qui apprend à marcher en défiant les lois de la pesanteur, s’élançant dans sa verticalité, son désir de liberté, et de découverte du monde. La source d’énergie et de puissance à laquelle tout chercheur aspire, ne se laisse en aucun cas enfermer dans un cadre trop défini. Son essence propre est la totalité, le non défini, qui n’est pas absence mais bien présence. Ceci fut pour moi une prise de conscience importante... source de joie. Présence au nouveau. Laissant la possibilité au grand mystère qu’est l’univers de m’habiter et me guider sur ce chemin que je découvre tout en le créant. Le lâcher prise fait partie intégrante du voyage, c’est une énergie qui me pousse au-delà de mes limites, de mes peurs, de mes attachements. Quel bonheur fut cette découverte, je pouvais lâcher, laisser aller, me décontracter. Et quelle ne fut pas ma surprise de constater qu’il me suffisait d’accepter de perdre pour gagner, de me montrer dans mes faiblesses pour acquérir immédiatement de la force. Le Tai ji est plein de paradoxes, il bouscule tout sur son passage.
Au-delà d’un concept, le Tai Ji est pour moi une véritable expérience de vie au quotidien dans ma recherche d’authenticité, de liberté :
– Trouver le moyen de passer d’un mouvement à l’autre de manière légère et souple, sans arrêt, sans coupure ni réaction. Accepter le changement. Modifier mon programme quand ce qui était prévu ne correspond pas à ce que me propose la vie dans l’instant.
– Suivre ma propre nature en me laissant Être. Ne pas chercher à répéter ce que j’ai appris, mais l’utiliser comme outil, point d’appui, source de créativité. Oser être, prendre des risques.
– Ne pas forcer, chercher la manière la plus simple et la plus douce d’entrer en relation avec soi et le monde afin de m’alléger et trouver la vraie force qui est ce que JE SUIS. Cette recherche-là n’est jamais définitivement acquise sur terre.
J’apprends et c’est un véritable bonheur. Patrick Ongaro
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Presse / divers: vu dans la revue ''Les 3 Mondes''
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Corps-Energie-Conscience
Sylvia Garance célèbre la vie par le corps et par le mouvement. "Je souhaite exalter le langage de l'être profond en tenant compte des empreintes, parfois douloureuses, inscrites dans le corps". Son expérience lui permet d'enseigner aujourd'hui le chemin qui révèle la réalité du corps-énergie.
Sylvia Garance pratique et transmet aujourd'hui un art du mouvement directement influencé par les arts martiaux et la danse. Sa recherche s'est articulée autour du Tai Chi et du Qi Gong qu'elle a enseignés. "C'est au gré de mes expériences qu'une évidence m'est apparue, nous dit-elle, l'absence d'unité de notre corps. Nous sommes prisonniers - physiquement et psychiquement - d'une multitude de fragmentations. Le corps est le plus souvent asservi par un mental rationnel. De plus, il est soumis à tous nos conflits intérieurs non résolus. Ce corps témoigne donc souvent de son état de morcellement même si nous l'avons "engagé" dans une discipline depuis de nombreuses années." Forte de cette constatation, Sylvia tente de recréer le lien entre l'être psychologique (l'ego) et sa dimension intérieure, spirituelle... "Incluant, bien sûr, le corps que nous sommes car il me semble impossible de mener cette quête de la conscience et du bonheur si le corps n'y participe pas. Elle privilégie donc une écoute subtile du corps en mouvement à partir de la sensation intérieure. C'est à partir de cette écoute que le mouvement se déploie depuis la terre, les racines, à travers tout le corps, le centre, l'axe vertébral. Celui-ci, véritable arbre de vie, dans sa rotation, va orienter et propager l'énergie dans le corps et dans l'espace. Chaque segment et chaque articulation jouent alors leur partition, ouvrant le passage à l'élan vital qui unifie le corps et l'esprit."
Architecture osseuse Pour elle, le chemin d'un développement et d'une croissance équilibrée passe par "une perception de la vie à travers tous nos sens. Ceux-ci représentent une voie d'accès direct à notre profondeur. Il importe aussi d'apprendre à nous resituer sur notre axe pour restaurer peu à peu une unité corporelle et, au-delà, faire la connexion intérieure avec nos dimensions unifiées, notre âme". Voilà pourquoi Sylvia invite toute personne à "tourner son regard vers le sens caché de la vie à l'intérieur de son corps, vers l'essence de ce qu'elle est". À cette condition, il est possible de "laisser le mouvement révéler toujours plus de conscience, permettant ainsi de se reconnecter peu à peu avec ce qui constitue sa véritable identité. Cela requiert un autre regard concernant l'utilisation de notre corps : aller à la rencontre du squelette. Réinvestir notre architecture osseuse soutenue par un ensemble de ligaments et de muscles profonds. Ce sont eux les acteurs principaux d'une action corporelle harmonieuse et dispensatrice de santé." "Si ce qui motive notre démarche c'est de trouver une approche corporelle susceptible de favoriser l'expression de la force intérieure et la connaissance directe intuitive, nous devons alors être particulièrement vigilants". En effet, les pièges semblent nombreux car "le fonctionnement mécanique du mental - surtout s'il est convaincu d'avoir trouvé la meilleure technique - ne se désamorce pas si facilement. Il peut tout aussi bien continuer à exercer son contrôle sur le corps en s'appliquant à modeler celui-ci dans une forme, une posture, un enchaînement de mouvements. Ainsi, l'émergence de l'être authentique est compromise car le corps reste bridé, enfermé dans un carcan de vouloir. Il est tout aussi erroné de penser qu'une discipline - corporelle ou autre - est nécessairement une voie d'éveil, sous prétexte qu'elle est traditionnelle par exemple". Pratiquer une discipline, "c'est la ressentir dans la profondeur et la totalité de notre corps, c'est en faire une expérience sensorielle, pas un concept comme substitut de nos sens. Pour Sylvia Garance, toute discipline est avant tout un outil au service de la conscience qui cherche à s'incarner. Elle doit permettre de s'enraciner de plus en plus dans le ressenti et favoriser l'expression de la joie véritable qui habite nos profondeurs et qui ne dépend pas d'une cause extérieure."
Assumer sa liberté En plus d'un impact favorable sur la santé et la vitalité, "cet outil doit pouvoir induire des transformations concrètes dans notre vie ; en l'occurrence une bien meilleure utilisation de notre corps mais aussi de notre fonctionnement sur un plan général. Habiter véritablement notre " demeure ", éveiller nos sens, conduit naturellement à devenir de plus en plus conscients de nos pensées, de nos besoins fondamentaux. Le processus aide à libérer la spontanéité, l'intuition, la créativité, à s'ouvrir à la relation, à prendre de la distance par rapport à notre implication dans la dualité et les identifications de notre ego." "Un travail avec le corps - et non sur le corps - qui trouve sa continuité dans le quotidien conduit avec une intention juste et une ouverture du cœur est un chemin direct pour retourner à soi-même, à la source, et faire le constat que nous sommes ce que nous cherchons !" C'est donc de liberté intérieure dont il s'agit. Sylvia évoque combien il est souvent séduisant de rester assujetti à des techniques, à des savoirs, à des enseignants. "C'est sans compter, dit-elle, sur la frustration qui s'installe par rapport à nos véritables attentes jamais satisfaites." Dans sa pratique personnelle du corps-conscience, Sylvia reste en éveil et s'interroge : "Sommes-nous prêts à assumer cette liberté ?"
Jean-David Maisse
"Le Corps-Energie-Conscience est l'alliance de la légèreté et de la rigueur, de la joie et de la profondeur."
"Le corps ne peut restituer le jaillissement de l'élan de vie profond que s'il est délivré de l'emprise trop pesante des pensées parasites et de l'attitude volontariste qui consiste à "faire" un mouvement au lieu de sentir et être."
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Presse / divers: interview-RFI
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INTERVIEW DE
SYLVIA GARANCE ET PATRICK ONGARO
SUR « RADIO FRANCE INTERNATIONALE » SEPTEMBRE 2003
Préambule : (Patrick ONGARO – PO -) Je vous invite à vous poser là où vous êtes… à vous asseoir ou rester debout… à être simplement présent à vous-même, présent à l’espace et puis nous pouvons peut-être, ensemble, lever les bras, s’étirer vers le ciel et se relier à l’espace, à l’immensité…. Imaginer les étoiles, imaginer la vastitude, l’espace, le Tao, indéfinissable mystère et laisser descendre cela à l’intérieur de vous… comment cela se passe à l’intérieur de vous, cet espace, cette immensité…
Radio France Internationale (RFI) : bonne question… dans la spiritualité d’aujourd’hui, autour du corps, de la conscience, du mouvement et de l’énergie, avec nos invités, Patrick Ongaro et Sylvia Garance, qui ont mis au point une pratique inspirée du Taï-Chi, cet art martial taoïste, sorte de gymnastique dansée en Chine depuis des millénaires, une pratique de développement spirituel par le corps, comment se réapproprier son corps, le replacer dans l’espace, ressentir ses moindres mouvements et apprendre à le laisser danser avec la vie. Joli programme de connaissance de soi à travers, grâce au corps…
C’est cela votre démarche, Sylvia Garance et Patrick Ongaro, cela que vous avez appelé « La danse du Tao » ou « Le soi en mouvement » ?
PO : tout a démarré en fin de compte avec le mouvement et, plus précisément, avec le Taï Chi Chuan. Très vite, j’ai ressenti des choses… que le professeur n’expliquait pas et qui étaient bien au-delà du mouvement… Quelque chose de beaucoup plus intérieur à travers le ressenti et c’est cela que j’ai petit à petit essayé de mettre dans le travail que j’appelle aujourd’hui le « Soi en mouvement ».
RFI : Et qu’est-ce que vous avez ressenti, Patrick Ongaro , qu’est-ce qui vous a mis sur la piste sur ce que vous appelez le « Soi en mouvement » ?
PO : Je crois que ça a toujours été là, dès le départ. J’étais dans cette démarche intérieure… ça me ramenait à moi-même, ça me ramenait au ciel, à la terre… à des choses très indéfinissables… Qu’est-ce que c’est, le ciel et la terre dans le corps ? Cela ne veut pas dire grand chose comme ça, mais ça a une réalité… Pour moi, cela est devenu très vite une réalité…. Le ciel, c’est un espace, une immensité… quelque chose de vaste… et ça, je peux le sentir à l’intérieur de moi-même… Je peux me connecter à ça par les images et trouver cela en moi. De la même manière, la terre c’était quelque chose qui, au départ, n’avait pas de sensations. Et puis, petit à petit, c’est devenu une présence… une qualité, un toucher… qui m’a touché. Et quand je dis « terre », ce n’est pas simplement la sphère que l’on connaît, mais c’est plus intérieur… C’est comme si je portais la terre à l’intérieur de moi… Cela s’est développé au fil des années et je crois que c’est sans fin… C’est à chaque fois mieux…
C’est une présence, c’est une écoute… cela demande beaucoup d’écoute… Il est vrai que quand on dit à nos élèves : « reliez-vous au ciel, à la terre » cela ne veut pas dire grand-chose… Il y en a qui me disent « c’est quoi le ciel et la terre ? moi je suis ici ». Bien sûr que l’on est là et c’est de placer ce ciel et cette terre au centre de soi-même et pas uniquement à l’extérieur. Vous savez… pour la plupart des gens, on est coupé de l’extérieur, du monde qui nous entoure. Et pour moi, le ciel, la terre, c’est quelque chose que je vis à l’intérieur. J’exprime… quand je parle, je parle à partir d’un appui, très souvent j’aime bien sentir mes appuis comme je fais en ce moment... Sentir mes pieds dans le sol, sentir la chaise, la table… Cela demande une présence à cela. Cela peut paraître tout bête de dire cela mais je ne suis pas ailleurs, je ne suis pas uniquement dans mon mental en train de parler, mais aussi de me poser dans mon ressenti pendant que je parle… cela s’apprend. Maintenant, j’essaie d’apprendre cela aux gens… comment tu pourrais parler à partir de vraiment ce que tu ressens. Mais ce n’est pas quelque chose de facile… pour la plupart des gens, parler de son ressenti ça ne veut rien dire parce que on ne nous a jamais appris, enfant, à parler de notre ressenti ; On ne nous a jamais dit : « comment tu te sens, comment ça va… comment tu te sens, là, quand je te dis cela… comment tu te sens avec telle personne… ».
Sylvia Garance (SG) : et on n’a pas de conscience corporelle.
PO : c’est très juste.
SG : On n’a pas été éduqué à vivre dans ce corps qui est vraiment le réceptacle de toute notre dimension, y compris dans notre dimension spirituelle. On n’a pas été ouvert à ça, enfant, et puis dans notre vie d’adulte. Alors, c’est tout une démarche que de, petit à petit, arriver à intégrer cette réalité qui est le corps physique et de vivre à partir de ses sensations, des perceptions sensorielles…
RFI : alors, vous dites, Syvia Garance , que c’est tout une démarche et vous faites des gestes en même temps que vous dites cela, et c’est vrai qu’on le voit, dans vos mains, dans vos bras, votre gorge. Comment peut-on faire pour apprendre cela… c’est tellement une démarche qui prend du temps. Mais, que ce soit à un enfant, à un auditeur qui nous écoute, qu’est-ce qu’on peut dire, se dire, pour arriver à habiter son corps.
SG : Ce qui me semble important, ce que j’essaie de faire expérimenter aux gens qui viennent dans mes ateliers, dans mes séminaires, c’est… d’abord je m’appuie sur la perception sensorielle, j’essaie de les éveiller à une attention perceptive de ce corps en mouvement, la présence de la conscience à ce corps (on peut aussi l’appeler comme cela). Ce qui est vraiment important, je crois, c’est de cultiver un état d’abandon, de lâcher-prise, parce que le mental contrôle le corps en permanence. Soit il l’ignore (le mental a sa vie propre et il ignore le corps) ou alors il le contrôle c’est çà le principal écueil à contourner, c’est que le mental contrôle le corps.
RFI : Il faudrait arriver, comme un enfant, à laisser vivre son corps.
SG : Absolument… Moi je m’appuie sur la conscience du squelette et de ses articulations pour les resituer sur un axe dans l’alignement de la gravité. Et puis, petit à petit, à prendre conscience de l’énergie, du courant d’énergie qui circule à l’intérieur du corps. Et il est très facile de s’éveiller à cette perception là. Et ça procure une sensation de plénitude… de joie, parce que, très vite, on peut sentir que le corps est porté… que le mouvement est porté. Je n’utilise pas le mouvement et les outils qui s’y rapportent, ainsi que la danse, comme des outils extérieurs mais vraiment comme un moyen de rentrer en communion profonde avec le corps.
RFI : C’est à dire que la danse ou le mouvement n’est pas extérieur mais se fait tout seul ou est un moyen pour sentir autre chose.
SG : La danse n’est pas extérieure dans la mesure où on ne va pas essayer de faire un geste, de copier un geste, mais simplement, déjà, de prendre conscience de nos appuis dans la terre, se poser tout simplement et à partir de là commencer à écouter le corps ; comment il bouge, comment le mouvement se meut de l’intérieur et non pas comment je vais essayer, avec ma tête, avec mon mental, de faire un mouvement. Simplement d’écouter.
RFI : Et qu’est-ce que l’on découvre ?
SG : On SE découvre, c’est ça le plus important. C’est la plus belle découverte, c’est de se vivre à partir d’un autre niveau de conscience que le mode de conscience ordinaire, qu’à travers le mental, l’identification à l’ego… C’est laisser émerger le Soi, l’âme dans le corps.
RFI : Nous découvrons comment la connaissance de soi et le développement spirituel passe d’abord par le corps. Dans vos stages, vous proposer d’ailleurs des mouvements très simples inspirés du Taï Chi et, aussi, des jeux autour des sensations, du regard, du toucher face aux autres, dans l’espace. C’est vraiment une approche sensible, globale, de tout ce que l’on est pour relier tout ce que l’on est.
SG : C’est une approche de la vie. Je le crois vraiment, et on a cela en commun avec Patrick, ce qui nous unit. J’ai envie de dire, c’est un sens pratique de la spiritualité, c’est comment la spiritualité passe effectivement par le corps ; vivre dans ce corps, l’intégrer complètement et que l’expérience spirituelle trouve sa continuité dans la vie, dans le quotidien.
PO : Si on est coupé du corps, il n’y a pas de spiritualité.
RFI : Et vous, personnellement, Sylvia Garance et Patrick Ongaro , dans votre vie à vous, au quotidien, comment vivez-vous cette pratique de la spiritualité ?
SG : Alors vivre dans son corps et dans ses sensations nous amènent à être conscient de soi, tout simplement, être aussi conscient de ses pensées, de comment on fonctionne, de comment on réagit à la vie, aux évènements, aux rencontres que l’on fait et le quotidien est vraiment une source extraordinaire d’enseignement. Et on fait de notre vie une source (inaudible) dans notre relation déjà à tous les deux parce que nous sommes un couple dans la vie depuis déjà pas mal d’années. Qu’est-ce qui m’arrive là ? Ces évènements qui nous arrivent et dont on se sent souvent non concerné ou victime. Nous considérons que tout ce qui nous arrive à un sens.
RFI : J’ai l’impression, à vous entendre… vous parlez souvent de corps, d’énergie et de conscience, que la conscience est absolument primordiale. Quand on commence à avoir conscience dans son corps de ce que l’on est, de ses pensées, la manière dont on utilise plus ou moins bien trop d’énergie ou pas assez. A ce moment quelque chose bouge un petit peu : c’est la conscience.
SG : C’est vraiment la conscience. Je le dis souvent : ce n’est pas une technique, c’est un processus de recherche, d’exploration de la conscience à travers le corps et grâce au support du corps.
RFI : Et comment définireriez-vous le corps ?
SG : Le corps… alors moi je dirais la partie la plus dense, visible, palpable de nos autres dimensions… de notre dimension divine. Mais on peut dire aussi le réceptacle sacré de notre esprit ou de l’âme.
PO : peut-être le mot « le visible »… la partie visible de ce que l’on ne voit pas, la présence. La partie visible de la présence. Quand on se met dans cette intention-là et que l’on enseigne dans cette intention-là, c’est magique parce qu’il n’y a plus de séparation, il y a des liens qui se font, qui se tissent entre les gens entre mon corps et le corps de la table, du micro, etc. C’est une continuité, cela vient d’un espace, d’une vastitude qui se concrétise ici et maintenant. C’est pourquoi la plupart des gens qui sont vraiment dans la spiritualité parle de l’instant présent, de ce qui est ici et maintenant, le concret, le visible qui nous ramène à l’invisible de toutes façons.
RFI : Et en même temps, quand vous dites cela, vous vous rapprochez de certains physiciens qui disent qu’au fond l’énergie existe dans toute chose, dans tout corps.
SG : Le corps c’est de l’énergie densifiée.
PO : C’est de la lumière, les physiciens parlent de cela… tout est lumière… une vibration dans la densité (elle est visible de cette manière-là. Il y a mille manières de la ressentir, d’entrer dans cette vibration. Et on a la possibilité d’élever cette vibration dans notre corps et de le faire vibrer d’une manière fondamentale… Faire vibrer le corps plus fort. Il se développe dans le corps une sensibilité tout à fait autre, comme-ci un moteur s’était mis en marche, qui nous porte et nous élève. C’est quelque chose d’assez léger, il peut y avoir cette sensation de très grande légèreté dans le corps, que l’on soit pataud ou que l’on ait un corps très mince. Cela disparaît complètement. C’est l’énergie qui pulse comme dit Sylvia, il faut arriver à lâcher prise et à chevaucher cette énergie-là. Cela a un côté un peu extatique et un côté un peu difficile parce que cela éveille ce qui n’est pas vibrant en nous, donc ce qui n’est pas vivant en nous. Et, lorsque l’on fait des stages plus longs, cela réveille aussi des choses douloureuses parfois, cela peut avoir un aspect thérapeutique parce que la personne réalise tout d’un coup que tout ce que je touche de magnifique à cet instant c’est une partie de moi. Cela ramène à la psychologie, au petit moi, et on essaie de trouver des liens, à amener les personnes à ne pas s’identifier au « petit » souffrant et à rester dans la présence du « grand ». Pour qu’il y ait un lien qui se fasse… Le petit moi n’est pas à détruire (ce qui a été dit à une époque)… Mais c’est le grand qui embrasse le petit.
SG : C’est vrai que ce n’est pas anodin. Ce travail met en résonance des choses dans la profondeur des cellules et cela ouvre des portes charnières qui vont libérer des stases énergétiques emprisonnées. Et ce choses là remontent à la conscience. Je dis souvent « portons cela dans l’espace du cœur et regardons ce qui est ». Ce qui est, est ce qui est accepté complètement. Dans l’ici et maintenant ont peut s’en libérer facilement.
RFI : Si je vous demande une définition de la spiritualité ?
PO : Pour moi, une définition de la spiritualité c’est être dans l’ici et maintenant. Je suis. Je pense qu’il n’y a rien d’autre, il n’y a pas à imaginer des choses à l’extérieur. La spiritualité c’est ici, maintenant, je suis dans mon corps, présent aux autres, j’écoute autour de moi. J’ai de la gratitude pour ce qui se passe même quand c’est difficile parce que j’apprends aussi de ces situations difficiles. Donc pour moi c’est être ici et maintenant… dans le présent.
SG : Pour moi, c’est vivre dans l’intégralité de mon corps/esprit. C’est mettre en pratique dans le quotidien, vivre de façon intègre dans le quotidien. Vivre ici et maintenant, comme le disait Patrick, apprendre à vivre le présent, apprendre à ouvrir son cœur, apprendre à s’ouvrir à la relation, ne plus vivre dans le passé ou projeté dans le futur.
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