Embrasser l’ombre et la lumière

Le 24 août 2012

Comment se fait-il qu’il nous soit si difficile de maintenir le cap d’une transformation radicale de nos attitudes, comportements et schémas de pensées… ?

Comment se fait-il que si souvent, alors que nous accédons à une prise de conscience quant aux raisons de nos mal-êtres, nous retournons aussi vite à nos anciennes habitudes et modes de pensées ?

On identifie nos comportements inadéquats, nos schémas de pensées dissonants. Et dès le lendemain nous retombons dans les mêmes rails de fonctionnement.

Même la prise de conscience de notre dimension spirituelle ne nous stimule pas suffisamment pour nous donner l’impulsion de désamorcer nos conditionnements mentaux, nos réactions émotionnelles.

Quelle est cette force d’inertie qui habite l’être humain ?

Jusqu’où cette complaisance vis-à-vis de soi-même peut-elle nous maintenir éloignés de cette opportunité d’évolution, d’éveil de conscience qui s’offre à nous ?

Quels sont les mécanismes à déjouer pour marcher résolument à la rencontre de nous-mêmes sans faire demi-tour ?

Les religions ont fait de nous des « croyants » et non pas des « connaissants ». Elles ont placé Dieu à l’extérieur de nous. Ce faisant elles ont intensifié la dualité. S’unifier consiste à intégrer les paradoxes, les opposés, l’ombre et la lumière, l’humain et le divin, la dimension spirituelle et toute la réalité psychologique. On ne peut pas retrancher une partie de ce qui nous constitue. On court après ce que l’on nomme l’éveil, mais le véritable éveil, c’est être profondément réunifié. C’est l’expérience d’une profonde réunification. Il y a nécessité d’entrer dans une phase de plus grande lucidité,

d’embrasser notre nature lumineuse mais aussi notre part d’ombre. Chemin faisant, nous nous sommes englués dans une sorte d’état hypnotique. La connaissance que l’on distille de chacune de nos expériences de vie – la connaissance, non pas l’interprétation – mais aussi l’éveil de notre univers sensoriel, l’écoute de nos intuitions profondes, nos élans créateurs, le développement en soi des qualités d’être essentielles… Tout cela doit faire l’objet de notre attention en toute priorité. Mais on n’est peu enclin à fonctionner de cette façon là. On s’est laissé conditionner dans un rail de fonctionnement qui consiste à reproduire ce qui a été pensé ou imposé par quelques-uns. Pour sortir de cet engrenage et nous rétablir dans la confiance, les deux qualités que sont la volonté et la persévérance sont indispensables. Deux qualités si souvent vacillantes qu’il nous appartient de les cultiver chaque jour, d’en raviver la flamme, avec humilité et patience. Sur notre chemin de réalisation interne, ces qualités vont à la fois initier et nourrir l’engagement que nous prenons avec nous-même.

Au regard de celui-ci, il importe de nous restituer dans un ordre intérieur, dans une intégrité en même temps que dans la clarté et le discernement… En sachant refuser la compromission, la manipulation et toute forme d’illusion, même si celle-ci est porteuse de belle promesse, comme la sécurité matérielle, la reconnaissance…

Dans quoi est-ce que j’engage mon énergie ?

Nous sommes créateurs de notre propre vie mais notre engagement envers nous-mêmes ainsi que notre persévérance à oser nous hisser au-delà des conditionnements et des habitudes mentales sont souvent bien défaillants. Chacun doit réinventer sa vie et cesser de la subir. On a été conditionné pour vivre par procuration, à être victime.

L’époque nous engage à naître de nouveau. Le monde est en train de se consumer mais c’est pour mieux renaître de ses cendres… En tout cas pour tous ceux qui ont le désir de cette renaissance, qui la nourrisse, qui en attise la flamme tous les jours dans leur cœur. Les blessures d’hier constituent le compost sur lequel construire les forces d’aujourd’hui. Nous devons nous réapproprier notre pouvoir de réveiller notre conscience profonde.

Article écrit par Sylvia Garance